Présidentielle 2027 : le DPE peut-il devenir un argument électoral ?
Le DPE est présenté comme un outil environnemental permettant de mesurer la performance énergétique des logements. Mais son influence dépasse désormais largement l’écologie : il conditionne la location de certains biens, leur valeur, les travaux à prévoir et parfois même la décision de vendre.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, son évolution pourrait donc occuper une place importante dans les programmes des candidats.
Un outil technique devenu très politique
Depuis sa réforme de 2021, le DPE est opposable et sert de référence au calendrier d’interdiction de location des logements énergivores. Une modification de sa méthode peut ainsi avoir des conséquences immédiates pour des millions de propriétaires et de locataires.
Le coefficient de conversion de l’électricité est, par exemple, passé de 2,3 à 1,9 en janvier 2026. En juillet 2026, le Gouvernement a proposé de l’abaisser de nouveau à 1,7 dès 2027. Cette nouvelle modification pourrait améliorer l’étiquette de certains logements électriques sans qu’aucuns travaux aient été réalisés.
Une évolution technique ou une décision électorale ?
La baisse du coefficient peut être justifiée par l’évolution du mix électrique français et par la volonté de favoriser l’électricité face aux énergies fossiles. Elle peut notamment mieux valoriser les pompes à chaleur.
Mais son calendrier, à quelques mois de la présidentielle, peut aussi être interprété comme un signal adressé aux propriétaires. En améliorant certaines étiquettes sans travaux, la réforme peut réduire le nombre de passoires énergétiques et faciliter le maintien de logements sur le marché locatif.
Il serait néanmoins excessif d’affirmer que cette décision poursuit uniquement un objectif électoral. Une mesure peut répondre simultanément à des considérations énergétiques, économiques, sociales et politiques.
Ce que les candidats pourraient proposer
Pendant la campagne, plusieurs orientations pourraient s’opposer :
- maintenir ou renforcer le calendrier d’interdiction de location ;
- reporter certaines échéances pour protéger les propriétaires ;
- modifier encore la méthode de calcul du DPE ;
- renforcer les aides à la rénovation ;
- mieux intégrer le confort d’été et les canicules ;
- stabiliser le DPE pour éviter des changements trop fréquents.
Le sujet sera particulièrement sensible puisque le DPE est devenu un outil central de la politique du logement. La Cour des comptes rappelle d’ailleurs que sa mise en œuvre présente encore des difficultés et nécessite davantage de stabilité et de fiabilité.
Comment distinguer une annonce d’une véritable réforme ?
Une promesse de campagne ne modifie pas immédiatement la réglementation. Il faut distinguer :
- une déclaration politique ;
- une proposition inscrite dans un programme ;
- un projet de texte soumis à consultation ;
- une loi ou un arrêté définitivement publié ;
- une mesure disposant réellement d’un financement et d’un calendrier.
Il faudra également vérifier si chaque candidat souhaite agir sur le calcul du DPE, sur les obligations de location, sur les aides aux travaux ou sur l’ensemble de ces éléments. Ces décisions n’ont pas les mêmes effets.
Ce qu’il faut retenir
Le DPE conserve une véritable utilité environnementale, mais il est également devenu un puissant levier politique. Modifier son calcul peut changer la situation juridique et la valeur de nombreux logements, parfois sans améliorer réellement leur isolation ou leur consommation.
Pendant la campagne présidentielle, il sera donc essentiel de regarder au-delà des annonces : une mesure favorable à l’étiquette n’est pas nécessairement favorable au confort, aux factures ou à la rénovation réelle du bâtiment.